Les maladies inflammatoires chroniques des intestins chez l’enfant, qu’est-ce que c’est ?
Les 2 principales inflammations chroniques des intestins chez l'enfant sont :
Quelles sont les causes des maladies inflammatoires chroniques des intestins chez l’enfant ?
On ne connaît pas vraiment la cause de ces maladies. On pense que ce sont des maladies auto-immunes, c’est-à-dire que le système de défense du corps (système immunitaire) attaque ses propres organes, ici, les intestins. La cause de cette réaction du système immunitaire pourrait être liée aux bactéries présentes dans nos intestins (la flore intestinale, microbiome ou microbiote).
La maladie de Crohn est héréditaire 1 à 2 fois sur 5. L’environnement et le mode de vie jouent un rôle dans son apparition.
Chez qui et à quelle fréquence ?
Ces maladies touchent moins de 15 enfants sur 100 000 par an. Ce nombre augmente continuellement.
La maladie de Crohn est plus fréquente que la colite ulcéreuse.
Ces maladies inflammatoires des intestins peuvent commencer à n’importe quel âge.
Quand elles apparaissent à l’enfance, c’est généralement au début de la puberté.
La maladie de Crohn est plus fréquente en Europe de l’Ouest (Europe occidentale) et en Amérique du Nord.
Les 2 maladies attaquent principalement le gros intestin (côlon).
La maladie de Crohn peut toucher toutes les parties du tube digestif : bouche, intestin grêle, gros intestin et anus.
La colite ulcéreuse ne touche que le gros intestin.
Au début, les symptômes de l’enfant sont assez banals. Ils peuvent même passer inaperçus. Les premiers symptômes sont surtout intestinaux avec :
de la diarrhée ;
une augmentation du nombre de selles ;
des selles pendant la nuit ;
la présence puis l’absence de sang dans les selles ;
des maux de ventre ;
des gargouillements dans le ventre.
Parfois, l’enfant peut aussi :
L’enfant peut grandir moins vite (retard de croissance) et sa puberté peut se déclencher plus tard que normalement.
Dans la maladie de Crohn, l’enfant peut aussi avoir :
des aphtes dans la bouche ;
une rougeur (inflammation) à l’intérieur de la bouche (stomatite) ;
des sortes de petits boutons qui ressemblent à des verrues au niveau de l’anus.
Discussion et examen clinique
Votre médecin pose des questions à l’enfant et à ses parents pour savoir s’il y a des maladies des intestins dans la famille. Il demande aussi de préciser les symptômes et leur durée.
Si les problèmes intestinaux de l’enfant durent longtemps, votre médecin réalise un examen clinique. Il mesure et pèse l’enfant pour vérifier sa croissance. Il palpe le ventre, et si nécessaire, demande à examiner la bouche ou l’anus.
Examens complémentaires
Votre médecin demande généralement une analyse de sang et de selles. En laboratoire, on essaie de voir si les selles contiennent des bactéries, du sang et éventuellement une protéine particulière (la calprotectine).
Si votre médecin pense à une maladie des intestins, il ou elle oriente l’enfant vers un ou une médecin spécialiste du tube digestif (gastro-entérologue). Ce ou cette médecin peut réaliser une endoscopie de l’intestin et de l’estomac. Chez l’enfant, cet examen est réalisé sous anesthésie générale. Le ou la médecin passe un tuyau souple par la bouche ou par l’anus de l’enfant. La caméra qui se trouve au bout de ce tuyau lui permet de voir sur un écran les lésions inflammatoires caractéristiques. Si nécessaire, il ou elle fait une biopsie, c’est-à-dire qu’il ou elle prend un petit morceau de muqueuse des intestins pour l’envoyer au laboratoire.
Parfois, il ou elle réalise aussi un examen de l’intestin grêle à l’aide d'une imagerie par résonance magnétique (IRM ou RMN) ou demande à l’enfant d’avaler une gélule contenant une toute petite caméra (endoscopie par vidéo-capsule).
Que peut faire votre médecin ?
Le traitement est le même que celui de l’adulte :
Les doses sont adaptées à l’enfant.
Si l’enfant perd trop de sang dans les selles, il devra peut-être prendre des compléments de fer. Si l'enfant ne réagit pas bien au traitement, il peut être nourri par une sonde, pendant un certain temps.
Une opération est parfois nécessaire, pour élargir l’intestin là où il s’est rétréci ou retirer une partie malade.